
Monsieur le Président de la F3SCT1,
La CGT tient à vous alerter concernant plusieurs points du dispositif « Plan canicule 2026 » de la BnF.
Depuis le mois de mai, nous avons déjà connu plusieurs épisodes de chaleur extrême, avec des placements répétés en vigilance rouge, conséquence du dérèglement climatique. Ces phénomènes sont appelés à se multiplier et à s’intensifier dans les prochaines années.
Ces épisodes constituent un risque professionnel. À ce titre, les mesures de prévention et de protection prévues par le décret n° 82-453 du 28 mai 1982 et par l’article L.4121-1 du Code du travail doivent être renforcées.
La CGT-BnF demande notamment :
– la fermeture des sites non climatisés (Opéra, Arsenal, Sablé, ect.) en période de vigilance rouge canicule lorsque la température dans les locaux atteint 30 °C, avec mise en ASA des agent·es, en raison de l’absence de locaux de pause rafraîchis ;
– à Richelieu, où des espaces de pause climatisés existent, la mise en ASA des personnels dès lors que la température atteint 32 °C dans les bureaux où ils travaillent ;
– l’attribution d’une bonification d’une heure de travail par jour à l’ensemble des personnels travaillant dans des locaux non climatisés et présents sur site durant les périodes de vigilance rouge canicule, quelle que soit la température relevée dans ces locaux non climatisés ;
– une intégration détaillée du risque « fortes chaleurs » dans le DUERP concernant les espaces publics et les locaux de travail.
Par ailleurs, la direction a indiqué, le 23 juin dernier, que les agent·es pouvaient bénéficier d’une ASA pour garde d’enfant, sur justificatif. Ce dispositif doit être étendu à l’ensemble de la période estivale lorsque les structures d’accueil des enfants ferment exceptionnellement en raison des fortes chaleurs.
En outre, imputer ces absences sur le quota annuel déjà limité de jours « enfant malade » pour répondre à un événement climatique exceptionnel n’est pas acceptable. Cette mesure pénalise les parents en épuisant prématurément leur contingent de jours. La CGT-BnF demande donc la mise en place d’ASA spécifiques aux événements climatiques, distinctes du dispositif « enfant malade ».
La question des trajets domicile-travail doit également être prise en compte. Même lorsque les espaces de travail sont majoritairement climatisés, les agent·es rencontrent des difficultés importantes pour rejoindre leur lieu de travail : coup de chaleur, risques accrus de malaise, de déshydratation, accidents de trajet, perturbations des réseaux de transport (métro, RER, train), conditions de circulation dégradées pour les déplacements à vélo ou à pied, etc.
Les aménagements horaires prévus par le décret n° 2025-482 du 27 mai 2025 doivent être mis en œuvre de manière systématique. Ils ne doivent pas être conditionnés aux nécessités de continuité du service ou aux fonctions exercées, comme le prévoit actuellement la note de la direction. Ils ne doivent pas davantage se substituer aux mesures de fermeture totale, partielle ou anticipée des sites lorsque celles-ci s’imposent.
La CGT-BnF constate également le manque de moyens de la médecine de prévention, qui doit assurer le suivi des agent·es les plus vulnérables (maladies chroniques, traitements, grossesse, âge, handicap, etc.). Il est indispensable de renforcer ses moyens afin de garantir un suivi exhaustif des personnels et d’assurer l’accueil ainsi que les aménagements de poste nécessaires.
Les épisodes caniculaires ont également eu un impact important sur les personnels assurant le service public ainsi que sur les usager·es de la BnF. Durant ces périodes, les bibliothèques remplissent un rôle essentiel en accueillant un public à la recherche d’espaces frais. Cette fréquentation exceptionnelle s’ajoutent aux examens universitaires, au dispositif « Révise ton bac et ton brevet » ainsi qu’au fonctionnement habituel de la BnF.
Cette augmentation de la fréquentation ne doit pas se faire au détriment des conditions de travail des personnels de la BnF et des personnels prestataires. Elle entraîne une augmentation de la charge de travail et de la charge émotionnelle, notamment en raison des situations de tension ou de conflit, susceptibles de générer des risques psychosociaux.
La CGT-BnF demande en conséquence :
– l’augmentation du nombre de points d’eau accessibles aux usager·es sur les sites de Tolbiac et de l’Arsenal ;
– l’aménagement des espaces publics particulièrement exposés à la réverbération (installation de volets, pose de films filtrants, stores, etc.).
– le renforcement des effectifs afin de faire face à l’augmentation de la fréquentation ;
Lorsque les mesures de prévention ne permettent plus de garantir la sécurité des agent·es, la CGT-BnF considère que l’employeur doit adapter, limiter ou suspendre certaines activités, en particulier celles qui exposent fortement les personnels ou qui génèrent une surcharge de travail incompatible avec les conditions climatiques. Les mesures prises ne peuvent plus être uniquement ponctuelles ou individuelles. Elles doivent s’inscrire dans une politique durable de prévention des risques liés aux fortes chaleurs.
La CGT-BnF demande que l’ensemble de ces propositions soit intégré dès à présent au dispositif « Plan canicule 2026 », dans la perspective de nouveaux épisodes caniculaires dont les conséquences sur la santé physique et mentale des travailleur·ses sont désormais largement documentées.
Enfin, nous demandons qu’un bilan du dispositif soit présenté lors de la F3SCT de septembre et qu’une révision du Plan canicule soit engagée dès le début de l’année 2027.
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