
Organisée par l’administration en septembre 2025, 134 collègues encadrant.e.s ont répondu au questionnaire : 93 chef·fes de service, 22 directeurs et directrices de départements et 19 adjoint·es. Fin 2026, la direction proposera des mesures afin de prendre en compte les conclusions de l’enquête.
Pour la CGT, il manque dans le périmètre des participant.e.s, les adjoint·es aux chef·fes de service alors que leur rôle est essentiel dans le fonctionnement des services. Les résultats différenciés par site, par direction, par statut des agent.e.s (contractuel.le.s/fonctionnaires) auraient permis une analyse plus fine.
Cette enquête est à mettre en corrélation avec celle de la CGT réalisée en septembre 2025 auprès de l’ensemble des catégories A (voir ici ). De nombreux résultats vont d’ailleurs dans le même sens.
Pour 48% des répondant.e.s, l’organigramme de la BnF n’est pas satisfaisant et 54% jugent l’organisation du travail insatisfaisante.
Sans surprise, 68% d’encadrant.e.s estiment ne pas avoir les ressources nécessaires, aussi bien humaines que financières et matérielles, pour mener à bien leurs missions. Cela rejoint la demande de 57% des encadrants de recruter des agent.e.s pour alléger la charge de travail (62,5% dans l’enquête CGT concernant l’ensemble des cat. A de la BnF).
70% des répondant.e.s réclament l’amélioration de leurs conditions de travail, 36% interrogent la soutenabilité du travail pour eux et leur équipe (84% des catégories A se déclaraient périodiquement ou constamment surchargés dans l’enquête CGT et 64% jugeaient leur travail stressant).
8 encadrant.e.s sur 10 déclarent avoir déjà été confronté.e.s à des risques RPS (= souffrance au travail), à mettre en corrélation avec le manque de moyens tant humains que matériels. 60 % des encadrant.e.s estiment ne pas être préparé.e.s à gérer des situations de RPS, ce qui peut paraitre étonnant dans la mesure où une très grande majorité est formée. Le problème ne vient donc pas de la formation, mais des moyens.
24% des participant·es déclarent que leur avis n’est pas pris en compte lors des prises de décisions importantes concernant leur service (48% dans l’enquête CGT concernant l’ensemble des cat. A de la BnF). Cela montre que la prise de décision n’est pas assez collaborative. On peut mettre ce résultat en lien avec la grave crise qui s’est déclarée lors de la réorganisation du service public sur le site François Mitterrand en 2022 qui n’était pas approuvée par un grand nombre d’encadrant.e.s dont l’avis n’avait pas été pris en considération. Cet épisode a certainement marqué une rupture entre l’encadrement de proximité et la direction (voir ici). La CGT ne cesse de le répéter, la verticalité de l’organisation, ses multiples niveaux hiérarchiques, sa complexité entraînent de nombreux dysfonctionnements.
30% des encadrant.e.s estiment ne pas être bien informé.e.s des décisions importantes prises par la direction, ce qui est significatif et inquiétant concernant la diffusion de ces informations auprès de l’ensemble du personnel.
Les relations avec la DDRH suscitent une grande insatisfaction, ce qui rejoint aussi les résultats de l’enquête menée par la CGT auprès des catégories A. Quand on interroge les encadrant.e.s sur leur satisfaction concernant l’accompagnement en cas de difficultés individuelles au sein du collectif de travail, ils sont même 50% à indiquer qu’ils en sont mécontent.e.s. Ils sont 48% à vivre des tensions ou conflits non résolus au sein de leur collectif de travail. Pour la CGT, la gestion des ressources humaines est un point d’insatisfaction et de tensions pour l’ensemble des personnels.
27% des répondant.e.s estiment que leur travail n’est pas reconnu à sa juste valeur et 42% souhaitent une plus grande reconnaissance du travail accompli (59% dans l’enquête CGT concernant l’ensemble des cat. A de la BnF). Cette reconnaissance passe par une meilleure reconnaissance financière, ce qui suppose notamment la possibilité d’être promu ou de changer de groupe (51% pour l’enquête CGT). 39% ne sont pas satisfait.e.s des possibilités d’évolution professionnelle au sein de la BnF (59% pour l’enquête CGT). Pour la CGT, ces mécontentements sont globaux puisque l’ensemble des personnels subissent les mêmes difficultés d’évolution de carrière.
En conclusion, cette enquête comme celle de la CGT BnF confirme les difficultés, à savoir que les encadrant.e.s comme l’ensemble des personnels de la bibliothèque ne sont pas épargnés par la charge de travail, le manque de moyens, le stress, le manque de reconnaissance, etc. conséquences des politiques gouvernementales de réductions des moyens tant budgétaires qu’humains supportés par l’établissement depuis 2009.
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