
Depuis le 1er juin, la mise en place de Noemi ne va pas de soi pour de nombreux utilisateurs et utilisatrices. Ce n’est pas faute d’avoir alerté sur les difficultés (voir ici).
Dès le début, la CGT a déploré que ce projet ambitieux et complexe manque de moyens, comme de nombreux projets menés par l’établissement, qu’il repose sur des équipes restreintes et très investies, et que les conséquences sur les conditions de travail de l’ensemble des personnels concernés n’aient pas été mieux mesurées et anticipées.
Les catalogueuses et catalogueurs ne peuvent que constater les difficultés devant lesquelles ils et elles sont placé·e·s en permanence depuis des mois. On leur demande de se former, puis de s’entraîner, et maintenant d’entrer en production, alors que le logiciel est encore changeant, le format non abouti, les règles insuffisamment explicitées et les consignes quasi inexistantes ou en cours d’élaboration : dangereux mélange en termes de RPS.
Cela génère des angoisses individuelles, et cela peut rendre les relations entre collègues difficiles en raison de la quantité de frustration accumulée au fil des semaines. L’auto-formation, si elle part d’une bonne idée, ne peut pas fonctionner quand tant de consignes et de réponses font défaut. Et quand les agents expriment frustration, mécontentement ou appréhension, ils et elles sont souvent remis·e·s en cause individuellement plutôt que l’organisation générale. La pression sur les personnes chargées d’accompagner les collègues (catalogueur·euses mais aussi magasinier·es amené·es à intervenir sur les entités, notamment les ITEMS) dans leur prise en main et relayer leurs difficultés et questions est considérable.
En réalité, il y a eu peu d’accompagnement au changement et peu de prise en compte de ce que ces changements de modèle, de paradigme et de logiciel cumulés peuvent générer comme souffrance au travail chez des catalogueur·se·s qui travaillent depuis des années avec des règles strictes et un respect scrupuleux de la qualité.
Le peu de visibilité sur la réalité du travail dans Noemi est là encore source d’inquiétude. Les agent·e·s font remonter les problèmes et les demandes d’amélioration, s’interrogent sur les zones d’ombre de Noemi (contrôle et possible pistage) ou la conversion retour et son lot de tâches supplémentaires, se préoccupent des délais de catalogage et des stocks. Ils et elles soulignent également les difficultés liées à l’outil lui-même : des recherches compliquées, des redites de zones, et un modèle de relecture plus lourd. Et maintenant, ils et elles s’inquiètent pour leurs conditions de travail et leur santé, car le travail sur écran avec Noemi est nettement plus fatiguant que sur l’ancienne application.
De plus, les départs annoncés des collègues porteur·se·s du projet ne sont pas rassurants et ne montrent pas une grande confiance en l’avenir. Au vu des politiques de non-remplacement de postes, on peut s’inquiéter de la charge de travail supplémentaire qui va échoir à ceux et celles qui restent.
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