
Dans tous les établissements publics, un plafond d’emplois réglementaire définit chaque année le nombre de postes maximum qu’il est théoriquement possible de pourvoir. Un deuxième système s’est mis en place à bas bruit ces dernières années pour compresser toujours plus les effectifs. Ce système, appelé le « schéma d’emplois » (défini par le ministère) empêche les établissements d’atteindre leur plafond d’emplois réel.
| 2024 | 2025 | 2026 | En 3 ans | |
| Schéma d’emplois demandé par le ministère | -13 | -10 | -14 | -37 postes |
| Schéma appliqué par la BnF | -8 | -28 | -14 | -50 postes |
La direction a tellement bien fait son travail qu’en 2025 elle a dépassé les objectifs ministériels, résultat en 2026 ce ne sont pas 37 postes mais bien 50 postes qui auront disparu en 3 ans. En effet, lorsque les suppressions d’emplois réalisées par un établissement excèdent les objectifs définis par le ministère, ce dernier considère que ces postes ne peuvent plus faire l’objet d’une restitution. A cela il faut ajouter une baisse du plafond d’emplois théorique de la BnF de moins 304 emplois entre 2009 et 2019.
Enfin, comment interpréter le séminaire qui s’est tenu le 10 avril avec la British Library, dont l’un des sujets était précisément les mesures à envisager dans le cadre de nouvelles coupes budgétaires, alors que cette institution a déjà subi une baisse d’environ 40 % de ses financements en quelques années ? Nous appelons donc l’ensemble des personnels à se mobiliser dans la durée pour défendre les effectifs, les budgets et les missions de la BnF.
Repérage par la CGT dans le projet de Schéma pluriannuel de stratégie immobilière (SPSI) de la BnF remis au ministère cette année : la direction souhaite mettre en place des « badges biométriques » et une « traçabilité [en] temps réel » des personnels.
Cette mesure est totalement disproportionnée et en marge des vrais enjeux, alors que le nombre d’heures écrêtées culmine à plus de 69000h/an et que la priorité devrait être au renforcement des équipes afin de corriger et référencer de façon exhaustive l’ensemble des collections de la BnF dans le catalogue et les estampiller.
Sécuriser les collections oui, surveiller toujours plus les personnels, c’est non !
Organisée par l’administration en septembre 2025, cette enquête IFOP (anonyme) a recueilli les réponses de 134 encadrant·es (93 chef.fe.s de service, 41 directeurs.rices de départements et adjoint.e.s), soit une participation de 83,7%.
75% des encadrant·es déclarent avoir déjà été confronté·es à des RPS (risques psychosociaux = souffrance au travail) au sein de leurs équipes, 68% estiment ne pas avoir les ressources nécessaires, aussi bien humaines que financières et matérielles pour mener à bien leurs missions, 57% demandent des recrutements pour alléger la charge de travail des équipes.
Ces chiffes montrent bien l’ampleur du désastre après 15 ans de suppressions de postes et de budgets insuffisants. Pour la CGT, il est temps de reprendre la lutte sur ces sujets et de se mobiliser tous ensemble.
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