▌PREAVIS DE GREVE BNF POUR LE 22 MARS 2018

Après les mesures régressives imposées aux salarié.e.s du secteur privé, celles concernant les personnels de la Fonction publique s’accumulent : nouveau gel de la valeur du point d’indice aux conséquences désastreuses pour le pouvoir d’achat, rétablissement injuste et inefficace du jour de carence en cas d’arrêt maladie, hausse de la CSG, nouvelles baisses d’effectifs dans des administrations déjà gravement impactées par les suppressions antérieures, coupes drastiques dans les crédits publics socialement utiles, transferts au secteur marchand de missions publiques…

Si à la BnF, la mobilisation des personnels de 2016 et 2017 ont pu éviter de nombreuses suppressions de postes et d’importantes baisses de crédits, la nouvelle réforme de l’Etat (Action publique 2022), en reprenant de vieilles recettes éculées, va une fois de plus abîmer les personnels et les missions de la bibliothèque. Cette perspective n’est pas acceptable, cela d’autant plus que les conditions de travail dans notre établissement s’aggravent : sous-effectif, surcharge et tensions dans les équipes…

La destruction de quelques 270 postes depuis 2009, la crise persistante de la DdRH, l’absence de suivi des décisions, les problèmes de gouvernance, l’empilement de projets non priorisés, les réorganisations de services qui se succèdent depuis plusieurs années, les difficultés liées aux travaux de Richelieu concourent à cette dégradation. Quant au sentiment de la perte de sens de nos missions, celui-ci est partagé par un nombre croissant de collègues, toutes catégories confondues.

C’est pour ces raisons que les organisations syndicales CGT-BnF, FSU, SUD Culture déposent un préavis de grève à compter du jeudi 22 mars 2018 pour l’ensemble du personnel de la bibliothèque. Nos revendications portent sur les points suivants :

  • L’arrêt définitif des suppressions de postes prévues pour les années à venir et un renforcement des effectifs partout où cela est nécessaire
  • Des budgets à hauteur des besoins et de la réalisation des missions : refus de nouvelles coupes budgétaires et augmentation des crédits
  • L’amélioration des conditions de travail notamment des personnels travaillant à Richelieu/Louvois et l’accélération du plan d’action en faveur de ceux et celles travaillant en local aveugle
  • Plus de transparence et d’équité concernant les carrières et les primes (mise en place de procédures et de critères connus de tous, règlement prioritaire des inégalités de traitement les plus flagrantes, etc.)
  • Aucune vente de bâtiments appartenant à la BnF et l’arrêt de la marchandisation de son patrimoine immobilier, en particulier à Richelieu/Louvois, ainsi que l’abandon des projets de fusion des salles de lecture qui en découlent
  • L’appel complet et immédiat de la liste complémentaire du dernier recrutement sans concours de magasiniers afin de répondre aux difficultés croissantes rencontrées dans les départements et l’organisation rapide en 2019 d’un nouveau recrutement
  • Pour les personnels contractuel-le-s à temps incomplet, l’application complète du protocole d’accord de fin de grève de juillet 2016 (comptabilisation réel du temps de travail, majoration des heures en soirées et le dimanche, accès au recrutement sans concours à tous les vacataires avec un volet interne, etc.)
  • L’arrêt des réorganisations et des nouvelles matrices de planification du service public menées à la demande de la DCO notamment à PHS en raison de la dégradation des conditions de travail qu’elles génèrent.

L’intersyndicale CGT-FSU-SUD Culture de la BnF

▌LE 22 MARS, POURQUOI LA BnF SERA EGALEMENT EN GREVE ?

Intersyndicale CGT BnF, FSU, Sud Culture

NON au démantèlement de la Fonction Publique > Retrait de l’Action publique 2022

MANIFESTATION 22/03 à 14h BERCY > RDV BnF : marches du Palais des sports

Qui peut raisonnablement penser, alors qu’il n’y a jamais eu autant de richesses produites dans ce pays, que nous n’aurions plus les moyens de faire vivre une Fonction publique forte au service de toutes et de tous, et implantée partout sur le territoire ? Après le Code du travail et les salariés du privé, c’est au statut de la Fonction publique, à ses missions et à ses agents d’être durement attaqués par le gouvernement. Face à ces politiques de régression appelées Action publique 2022, sept syndicats ont décidé d’organiser à partir du 22 mars une contre-offensive unitaire afin de s’opposer aux : 

  • 120.000 nouvelles suppressions de postes dans la fonction publique
  • Baisses du pouvoir d’achat (nouveau gel du point d’indice servant à calculer nos salaires, hausse de la CSG, jour de carence en cas d’arrêt maladie)
  • 15 milliards de coupes budgétaires et des missions de service public qui disparaissent
  • Rémunérations au « mérite » en fonction des objectifs (évidemment en hausse) de l’employeur
  • Remise en cause des garanties collectives (CHSCT, CAP…)
  • Recours amplifié aux personnels contractuels et à plus de précarité

> La BnF, ses missions et ses effectifs ont déjà été durement touchés par ces politiques régressives avec plusieurs millions de coupes budgétaires et 270 emplois supprimés depuis 2009. Néanmoins, à chaque fois que les personnels se sont mobilisés en nombre, il a été possible de mettre en échec ces mesures ou d’en limiter la portée, mais également de gagner sur des revendications locales. Cela a été le cas en 2013, 2016 et 2017.

Faisons de 2018 une nouvelle année de mobilisations et de victoires à la BnF pour les missions et l’emploi, pour plus de transparence et d’équité concernant les carrières et les primes, pour améliorer les conditions de travail notamment de ceux et celles travaillant en local aveugle et à Richelieu, pour améliorer la situation des plus précaires, contre la vente et la marchandisation du patrimoine immobilier de la BnF, contre les réorganisations incessantes facteurs de Risques Psycho-Sociaux… LE TRACT DANS SON INTÉGRALITÉ : ICI

GREVE NATIONALE – CFTC, CGC, CGT, FAFP, FO, FSU, Solidaires

MANIFESTATION 22/03 à 14h BERCY > RDV BnF : marches du Palais des sports

▌ENTRETIEN PROFESSIONNEL : CONTENU ET RECOURS

Les personnels du public comme du privé sont désormais régulièrement évalués sur leur capacité à remplir des objectifs alors que dans le même temps, nous assistons à une réduction généralisée des moyens indispensables pour les atteindre (baisse d’effectifs, de budgets…). Trop souvent lorsque les salariés ne parviennent pas à répondre aux objectifs, ce n’est évidemment pas cette politique d’abaissement des moyens qui est remise en cause mais leurs compétences. Ce système pervers génère chez de nombreux personnels lassitude et écœurement, voire de la souffrance au travail.

► La campagne 2018 des entretiens professionnels vient de commencer :

  • pour les agents de la culture : les comptes rendus doivent être retournés au ministère le 6 avril au plus tard
  • pour les agents de l’enseignement supérieur : retour au ministère le 29 juin
  • pour les agents non titulaires : la campagne se termine également le 29 juin

La CGT a interpellé la direction à plusieurs reprises sur les règles et le déroulement des entretiens et cela a porté ses fruits puisque la Directrice générale a cadré l’exercice dans une note diffusée sur Biblionautes : ici

► Le contenu de l’entretien (mené prioritairement par le chef de service) :

  • l’entretien se déroule en deux temps : le bilan de l’année écoulée et les objectifs pour l’année à venir. C’est également l’occasion de revoir la fiche de poste de l’agent et de procéder à sa mise à jour. C’est également le moment de faire le point sur la carrière de l’agent. En effet, le déroulement de carrière des agents (promotion pour les titulaires, avancement pour les contractuels) est fondé sur les appréciations portées au compte rendu de l’entretien.
  • le deuxième volet de l’entretien concerne la formation

L’entretien est un moment important car il constitue un temps d’échange, trop souvent le seul, entre l’agent et son chef de service. Ce temps d’échange doit se dérouler dans de bonnes conditions : il ne peut être question de fixer des objectifs inatteignables, il ne doit faire l’objet d’aucune forme de discrimination.

► S’il y a désaccord :

Après l’entretien, l’agent dispose d’un délai de 8 jours à réception du compte rendu pour en prendre connaissance, le commenter et le signer. La signature ne vaut pas approbation, elle signifie seulement que l’agent a pris connaissance du compte rendu.

Les voies de recours : l’agent dispose d’un délai de 15 jours après signature pour demander la révision du compte-rendu soit au niveau hiérarchique supérieur, soit en saisissant la DdRH. Une réponse lui est notifiée dans un délai de 15 jours.

Si le désaccord persiste, l’agent titulaire a 1 mois pour adresser un recours auprès de la CAP (Commission administrative paritaire). L’agent contractuel a 1 mois pour adresser un recours auprès de la CCPC (Commission consultative paritaire des contractuels).

▌MAGASINIERS : 4 RAISONS D’AGIR TOUS ENSEMBLE DÈS LE 22 MARS !

Parce que les préoccupations des magasiniers de la BnF rejoignent celles qui motivent la grève Fonction publique du 22 mars, tous ensemble, luttons pour obtenir des avancées locales et renforçons la mobilisation nationale ! 


1. UN TRAVAIL DE MAGASINAGE DIFFICILE QUE LE SOUS-EFFECTIF DÉGRADE. Par rapport à d’autres bibliothèques, les conditions d’activités de la BnF sont particulièrement pénibles : locaux aveugles au quotidien, marche soutenue, travail répétitif, port de charges, sous-effectif chronique… Sans que ces difficultés ne soient prises en compte.

  • pour améliorer les conditions de travail, renforçons immédiatement les équipes par l’appel de la liste complémentaire du dernier recrutement de magasiniers (48 postes dont 1/3 de vacataires lauréats devant être appelés dans les 2 ans à venir)

2. PRIMES IAT : 698 EUROS/AN DE MOINS PAR RAPPORT AUX BIBLIOTHÈQUES UNIVERSITAIRES. Si les magasiniers des BU (bibliothèque universitaire) touchent en moyenne 2.796 euros par an (soit 233€/mois) d’IAT, à la BnF par contre ils n’ont que 2.100 euros (soit en moyenne 175 €/mois).

  •  réclamons un relèvement à 2800€/an d’IAT minimum pour tous.

3. REPOS : DOUBLER LE NOMBRE DE JOURS COMPENSATOIRES POUR TRAVAIL EN LOCAL AVEUGLE. Rappelons d’abord que c’est grâce aux rayons ultra-violets du soleil que l’organisme peut synthétiser la vitamine D. Sa carence provoque la baisse des défenses immunitaires, des douleurs musculaires, augmente le risque de fracture et les problèmes de sommeil…

  • alors que les personnels de BU ont d’avantage de vacances que ceux de la BnF, le nombre de jours de congés compensatoires lié aux locaux aveugles doit impérativement passer de 2 à 4 jours pour l’ensemble des personnels y intervenant.

4. TRAVAIL LE WEEK-END : FAIRE TOUJOURS PLUS DE SAMEDIS OU COMMUNIQUER EN DIFFÉRÉ ? A force de supprimer des emplois de magasiniers (une centaine depuis 2009), les effectifs malgré la présence de « vacataires » sont désormais insuffisants pour assurer toutes les plages de travail le samedi (limité dans l’année à 10 par agent à Tolbiac selon le Règlement intérieur que la direction souhaite donc réviser).

  • la CGT propose de mettre en place un système de communication en différé le samedi (les demandes étant prélevées le vendredi et rangées le lundi par des équipes renforcées, les samedis étant désormais sans com. directe.) afin de permettre au plus grand nombre de profiter du week-end et augmenter les effectifs le reste de la semaine.

LE 22 MARS TOUS EN GREVE ET EN MANIFESTATION !

▌COMPTE-RENDU CGT DU CHSCT DU 09 FEV. 2018

  1. Un prix pour le chantier Richelieu, de qui se moque-t-on ?
  2. De nombreuses difficultés persistent dans la partie rénovée
  3. Les avancées et améliorations sur le site de Richelieu
  4. Implantation de l’atelier du département des Cartes et plans
  5. Projet de fusion des salles de lecture de la Musique et des Manuscrits
  6. L’organisation du travail des magasiniers à PHS et LLA
  7. Souffrance au travail au Service de l’action pédagogique de la DDC
  8. Evolution du Département des systèmes d’information

► VOIR NOTRE COMPTE-RENDU : ICI

▌COMPTE RENDU CGT DE LA COMMISSION CONSULTATIVE DES CONTRACTUELS DU 24 JANVIER 2018

A l’ordre du jour de cette CCPC :

  1. Contrats Relire et Indisponibles, BnF-Partenariat, conventions et programmes de recherches
  2. Recrutements, renouvellements, fins de contrats et réintégrations
  3. La CGT dénonce la suppression d’une CCPC dans l’année
  4. Changements de groupe au titre des années 2016 et 2017

► VOIR LE COMPTE-RENDU : ICI

▌INÉGALITÉ DE TRAITEMENT FEMMES/HOMMES À LA BnF : LES FAITS SONT TENACES

Depuis plusieurs années, la CGT BnF effectue une analyse approfondie des données statistiques de l’établissement afin de déterminer où se situent les inégalités de traitement entre femmes et hommes et agir concrètement pour les réduire. Aujourd’hui les difficultés d’ordre structurelles que nous rencontrons le plus souvent sont les écarts en matière de rémunérations et de carrières.

► Concernant les primes et les salaires :

Dans de nombreux cas, les femmes ont des primes inférieures à celles des hommes : 475€/an de moins en moyenne chez les BAS, 330€/an chez les adjoints administratifs, 310€/an chez les techniciens d’art…

Concernant les rémunérations des non titulaires, pour les groupes 2, 3 et 4, qui sont les plus nombreux à la BnF (500 personnes équivalents C, B et A), le personnel féminin touche respectivement 145€, 90€ et 120€ par mois en moins que les hommes de la même catégorie.

► Concernant les carrières :

Si les femmes représentent 57,6% de l’effectif total, leur taux de promotion est plus faible que celui du personnel masculin : 5,9% pour les femmes contre 8,1% pour les hommes.

De même, l’accès à des postes d’ordre hiérarchique est très inégalement réparti. Si la BnF a désormais à sa tête plusieurs femmes, les principaux postes à responsabilité de la bibliothèque sont néanmoins occupés par des hommes : ils sont directeurs de directions, de délégations ou de département à 65,7%, tandis que les femmes sont cantonnées dans l’encadrement intermédiaire (cheffes de services à 58%).

► JOURNÉE INTERNATIONALE POUR LE DROIT DES FEMMES : manifestation à Paris le 8 mars 17h30 de République à Opéra

Pour aller plus loin : 

  • FONCTION PUBLIQUE : ENCORE LOIN DE L’ÉGALITÉ FEMMES/HOMMES : ICI
  • LES FEMMES DANS LA CGT : UNE HISTOIRE DE CONQUÊTES : ICI

▌POURQUOI 7 SYNDICATS DE LA FONCTION PUBLIQUE APPELLENT A LA GREVE LE 22 MARS ?

Après le code du travail et les salariés du privés, c’est au statut de la Fonction publique et aux agents de l’Etat de subir les politiques de régression du gouvernement : baisse du pouvoir d’achat, recul des garanties et protections statutaires, baisse des effectifs et des budgets, recul des services publics et de l’intervention de l’Etat, hausse de la précarité… (voir le tract de la CGT : ici). Face à cette politique, les organisations syndicales de la Fonction publique ont décidé d’organiser à partir du 22 mars une contre offensive unitaire. 

Les organisations CFTC, CGC, CGT, FAFP, FO, FSU et Solidaires appellent les personnels à la grève et à manifester pour :

  • Une négociation salariale immédiate pour le dégel de la valeur du point d’indice, le rattrapage des pertes subies et l’augmentation du pouvoir d’achat ;
  • L’arrêt des suppressions d’emplois et les créations statutaires dans les nombreux services qui en ont besoin et non un plan destiné à accompagner de nouvelles et massives suppressions ;
  • Un nouveau plan de titularisation des contractuels, de nouvelles mesures pour combattre la précarité et non pour favoriser son extension comme le préconise le gouvernement ;
  • Des dispositions exigeantes pour faire respecter l’égalité professionnelle ;
  • L’abrogation du jour de carence en cas d’arrêt maladie ;
  • La défense et la pérennisation du système de retraite par répartition et des régimes particuliers ;
  • La défense du statut général des fonctionnaires, et des statuts particuliers, qui permet de répondre aux besoins de la population sur l’ensemble du territoire et qui garantit l’égalité entre les usagers.

▌FONCTION PUBLIQUE : ENCORE LOIN DE L’ÉGALITÉ FEMMES/HOMMES

Si l’Etat et la fonction publique dans ses trois versants (Etat, territoriale, hospitalière) se doivent de donner l’exemple en matière d’égalité de genre, on est encore loin du compte. Les femmes continuent à être plus précaires que les hommes, moins bien rémunérées, notamment parce que beaucoup de métiers – où elles sont plus nombreuses – sont plus mal reconnus. Elles sont soumises à un plafond de verre réduisant leur évolution de carrière et pâtissent pour toutes ces raisons de plus faibles retraites.

L’Etat n’est pas exemplaire

C’est ce que confirme un rapport de la DGAFP présenté aux organisations syndicales le 9 janvier dernier. Le rapport confirme que les inégalités de genre entre les agents publics demeurent fortes. Il en en va ainsi des rémunérations et des carrières. En 2015, les femmes employées dans la fonction publique territoriale percevaient une rémunération nette moyenne inférieure de 9,9% à celle des hommes, ces chiffres sont de 14,4% dans la fonction publique d’Etat et 20,9% dans l’hospitalière.

Le rapport note également que seuls 27% des postes fonctionnels de direction sont occupés par des femmes. Elles ne représentant que 38% des fonctionnaires les mieux rémunérés et les plus diplômés alors qu’elles constituent 61% de la catégorie A. Ces chiffres sont à mettre en regard avec les politiques publiques comme la RGPP (révision générale des politiques publiques), la MAP (modernisation de l’action publique) et les réformes des services déconcentrés qui ont particulièrement fragilisé les carrières au féminin, du fait de mobilités contraintes liées à des fusions-restructurations ou du « goulot d’étranglement » ainsi créé pour des évolutions dont les hommes ont davantage bénéficié.

Des annonces inquiétantes

Déjà en rétablissant en novembre dernier le jour de carence en cas de maladie pour les fonctionnaires, les parlementaires avaient cédé au gouvernement pour le rétablir également aux femmes enceintes. Quant aux rattrapages salariales dont tous et toutes ont besoin, ils ne sont pas prévus puisque le gel du point d’indice bloque les salaires. C’est dans ce contexte que le locataire de l’Elysée a annoncé la suppression de 120 000 emplois dans la fonction publique, avec un recours accru à la précarité, les contractuels représentants déjà plus de 15% du total des agents (majoritairement des femmes). Il souhaite aussi des rémunérations individualisées, alors que celles-ci reposent aujourd’hui sur un socle commun (le point d’indice). Le gouvernement souhaite recourir davantage aux promotions individuelles. Quels en seront, pour tous, les critères ? Qu’en sera t-il pour les femmes absentes durant plusieurs mois lors de leur grossesse, puis pénalisées par des horaires souvent contraints, notamment par l’arrivée de jeunes enfants ? Le gouvernement ne s’arrête pas là puisqu’il veut aussi « simplifier » les instances représentatives du personnel en les fusionnant comme il l’a déjà fait dans le privé. Les femmes victimes de violences, qui ont déjà beaucoup de mal à en parler et à s’adresser aux élus des CHSCT, apprécieront…

CGT : des propositions et des actes

La CGT réclame des actes forts au-delà des effets de communication du gouvernement. Il s’agit d’obtenir la revalorisation des métiers à prédominance féminine, l’ouverture de négociations sur les grilles indiciaires qui prennent en considération les qualifications, et la résorption de la précarité. Les conséquences de la maternité doivent également être prises en compte qu’il s’agisse d’aménagement du temps de travail ou de gestion des carrières. Autre volet important : la prévention des violences sexistes et sexuelles et l’aide aux femmes victimes tant au travail qu’à l’extérieur, car toutes ont un impact sur la vie professionnelle. Mais sans moyens budgétaires supplémentaires, l’égalité professionnelle est un leurre. Tiré de la NVO, février 2018

▌LES FEMMES DANS LA CGT : UNE HISTOIRE DE CONQUÊTES

L’histoire des femmes à la CGT n’est pas un long fleuve tranquille. Elle a naturellement été marquée par l’image et le rôle attribués aux femmes dans la société, autant qu’elle a contribué à les transformer en profondeur. « Tous les hommes naissent libres et égaux en droits » : il aura fallu plus d’un siècle et demi pour que cette promesse révolutionnaire s’applique, en droit, aux femmes. Plus de temps encore pour que le « deuxième sexe » selon le titre de l’ouvrage fondateur de Simone de Beauvoir, ne soit plus perçu selon un déterminisme biologique mais comme une construction sociale ; les femmes devenant citoyennes, puis actrices de leur vie et dans la société. Pour se faire entendre, les femmes ont dû aussi conquérir leur place dans le monde du travail, comme dans le syndicat.

C’est dans le champ du travail qu’interviennent de premières conquêtes. En 1907, les femmes obtiennent le droit de vote aux conseils des prud’hommes (près de 40 ans avant leur citoyenneté politique) ; puis en 1908, y deviennent éligibles. Les luttes de femmes dans l’Education nationale aboutissent aussi, au début de siècle, à l’égalité de salaires entre instituteurs et institutrices. Mais c’est à partir de 1945 que les femmes entrent massivement et durablement dans le monde du travail. C’est à cette période aussi que la CGT élit la première femmes à son bureau confédéral, Marie Couette, militante issue de la Résistance.

La suite ne s’avère pas pour autant linéaire. Les militantes devront apprendre à ne pas limiter leurs revendications à celles de travailleuses bonnes épouses ou bonnes mères, dont on loue l’engouement pacifique, ou à qui l’on propose des recettes de cuisine. Elles devront aussi revendiquer le droit de ne pas se transformer en porte-voix de revendications mixtes, ou masculines, niant la spécificité de leurs rôles professionnels et de leurs revendications particulières. Ou encore lutter contre des préjugés amenant certains militants ou certaines organisations de la CGT à considérer que les revendications des femmes éloigneraient de l’essentiel : la lutte des classes.

Au sortir de la guerre, la CGT s’avère la seule organisation syndicale à se préoccuper du salariat au féminin. Puis la seule à se lancer dans l’aventure d’un journal syndical pour les femmes. Elle crée d’abord, en 1950, un bulletin confédéral des femmes ; puis, à partir de 1955, le magazine Antoinette, qui paraîtra jusqu’en 1989.

Cet engagement permettra de nouvelles conquêtes, par exemple, en 1946, la fin de l’abattement de salaires de 10% imposé aux femmes par rapport aux hommes. 1968 ouvre à de nouvelles militances et de nouvelles conquêtes dans le champ professionnel mais aussi sociétal.

Aujourd’hui, un demi-siècle plus tard, la CGT a fait une priorité de la lutte pour l’égalité, la liberté, le respect de la dignité, l’émancipation, au travail et dans tous les domaines de la vie. Plus les femmes seront nombreuses à se syndiquer et à militer, et plus cette priorité sera partagée. Tiré de la NVO, février 2018

▌MOUVEMENTS INTERNES 2018, LA CGT ÉVITE LE PIRE

Cette année, la direction souhaitait réduire les mouvements internes à deux seulement contre trois, voire quatre les années précédentes. Raison évoquée : la crise de la DdRH et les difficultés pour celle-ci d’organiser plus de deux mouvements.

Pour rappel, ce dispositif est en place depuis 2015. A l’origine, avec quatre mouvements internes par an, la DdRH souhaitait favoriser la mobilité des agents dans un cadre mieux défini.

Suite à l’intervention de la CGT BnF, trois mouvements seront tout de même programmés en 2018 (4 avec celui des CAP). Notre organisation défend par ailleurs des procédures claires, connues de tous et plus transparentes, ce qui n’est pas toujours le cas pour les contractuels.

La fréquence de trois mouvements par an, auxquels viennent s’ajouter pour les fonctionnaires le mouvement externe national via les CAP, est un minimum afin de pourvoir les postes vacants plus rapidement et ne pas laisser les services désorganisés suite à un départ.

Le calendrier 2018 des mouvements internes :

  • du 6 au 30 mars ; résultats semaine 16 ; prise de poste, 1er juin
  • du 22 mai au 15 juin ; résultats semaine 28 ; prise de poste, 1er septembre
  • du 3 au 31 octobre ; résultats semaine 49 ; prise de poste, 1er janvier

▌LA BNF AU « LOUVRE » D’ABU DHABI, PAS DE QUOI ÊTRE FIER !

Rappelons que la BnF est partie prenante de ce « musée » inauguré il y a quelques mois et situé aux  Émirats Arabes Unis en lui procurant plusieurs dizaines de pièces par an issues des collections patrimoniales de la bibliothèque (voir notre précédent article : ici).

Les informations ci-dessous dressent un panorama des principaux problèmes en matière de droits humains rencontrés aux Emirats Arabes Unis. Elles sont issues, entre autres, de l’ONG internationale Human Rights Watch

« Les Emirats Arabes Unis sont un Etat fédéral qui regroupe sept émirats, dont les villes d’Abou Dhabi et de Dubaï. Seuls 15% de cette population de 9 millions de personnes sont des citoyens des Emirats Arabes Unis. Il n’existe ni élections, ni principes démocratiques, ni séparation des pouvoirs. Les partis politiques sont prohibés. Les problèmes des droits humains majeurs sont les arrestations arbitraires des dissident-e-s et des professionnel-le-s des médias. Vient s’ajouter à cela le recours à la torture et à la violence dans les prisons. La peine de mort est pratiquée, bien que rarement.

D’importants droits fondamentaux, telles que les libertés d’expression, de la presse, de réunion et d’association, sont restreintes de façon disproportionnée. Par ailleurs, l’Etat empiète systématiquement sur la sphère privée et la communication à travers le web est strictement contrôlée. Les femmes sont discriminées par la loi et dans leur vie quotidienne. 

La violence à l’égard d’employé-e-s de maison et de travailleurs et travailleuses étranger-e-s qui ne jouissent guère de protection de la part de l’Etat contre l’exploitation et les abus est particulièrement répandue. La traite d’êtres humains et le travail forcé sont encore une réalité. »

> La CGT BnF continue de demander le retrait des dizaines de pièces de la Bibliothèque exposées à Abu Dhabi.

> Voir également notre article sur la marchandisation du bien commun à la BnF : ici