Monsieur,
La CGT BnF et Sud Culture BnF déposent un préavis de grève couvrant l’ensemble du personnel de la Bibliothèque nationale de France, pour le dimanche 8 mars 2026, du début à la fin du service. Ce préavis de grève s’inscrit dans le cadre de la Journée internationale de lutte pour les droits des femmes et porte sur des revendications spécifiques à la Bibliothèque nationale de France, reprenant à la fois des revendications pour lesquelles les réponses apportées n’ont pas été suffisantes, et sur la création de nouveaux droits :
- l’extension des journées dites de « maladie sans justificatif » pour une prise en compte des problèmes liés aux règles douloureuses, à l’endométriose, à la ménopause, à la santé hormonale et aux parcours de transition ;
- un nouveau travail de repérage des inégalités professionnelles à la BnF et la mise en place d’un système de rattrapage pour les personnels titulaires et contractuel-le-s. En effet si les inégalités salariales et professionnelles entre les femmes et les hommes ont régressé à la BnF du fait de l’action des organisations syndicales, la situation peut encore être améliorée ; cela doit passer par un plan d’action pluriannuel comme le prévoit le décret n° 2020-528 ;
- l’instauration d’une mesure dite « prime de temps partiel », mise en place au ministère de la Culture depuis 2020, dans le cadre de la résorption des écarts de rémunération, à laquelle sont éligibles tous les parents bénéficiaires d’une autorisation d’exercer à temps partiel (enfant.s de moins de 3 ans) ;
- la mise en place de protections périodiques gratuites, biologiques et de qualité pour les usager.e.s de la BnF comme s’y était engagée la direction ;
- des lieux de repos adaptés, notamment pour garantir le droit d’allaiter dans des conditions dignes, en respect de l’article L1225-31 du code du travail ;
- mieux accompagner les situations familiales : les situations de grossesse, de parentalité, de proches aidant.e.s doivent être mieux prises en compte et des mesures doivent être mises en place pour permettre un accompagnement de qualité. Concernant les parcours d’adoption, nous demandons à ce que le congé d’adoption soit accordé simultanément aux deux parent.es adoptant.es ;
- la création d’une nouvelle autorisation d’absence exceptionnelle pour une meilleure prise en compte des interruptions de grossesse, qu’elles soient médicales, volontaires ou accidentelles. C’est pourquoi nous demandons la création d’une nouvelle autorisation d’absence exceptionnelle de 5 jours, pour la personne concernée et son ou sa conjoint.e et l’extension de cette durée aux droits existants pour le décès d’un.e proche ;
- pour les ACTI mettre un terme à la précarité en arrêtant l’usage de CDD courts avec des quotités horaires faibles pour les besoins permanents, pourvus majoritairement par des femmes, et permettre leur passage en CDI sur la base d’un contrat de 110h par mois. Cela doit s’accompagner de la mise en œuvre d’un vrai plan de titularisation pour les agent-e-s qui le souhaitent ;
- que les signalements de violences sexuelles, de harcèlement et les agissements sexistes fassent l’objet d’un véritable suivi régulier, que les mesures décidées soient suivies sur le long terme auprès des victimes, et que soient menées des enquêtes approfondies, confidentielles et protectrices, avec des saisines systématiques des différentes autorités ministérielles pour mener à bien les procédures réglementaires, dont la mise en œuvre de la protection fonctionnelle. Pour coordonner ces actions nécessaires, il faut la nomination d’un·e référent·e VHSS. Il convient aussi de renforcer la lutte contre les ambiances sexistes au travail et les agissements sexistes venant des usagers ;
- qu’un travail de sensibilisation au repérage, mais aussi à l’accompagnement des victimes de violences conjugales soit mis en place dans notre établissement, avec notamment l’octroi d’autorisations spéciales d’absence pour leur permettre d’effectuer toutes les démarches nécessaires. Il convient aussi de prendre des mesures protectrices dans le cadre du télétravail et de former les encadrant.e.s à ces questions ;
- pour des formations pérennes et inclusives sur la sensibilisation à la santé menstruelle et hormonale (règles, ménopause…) en parallèle aux formations contre les VSS et discriminations de genre et les rendre obligatoire pour les encadrants ;
- une demande au Ministère de la Culture d’un budget dédié pour la mise en œuvre du plan égalité femmes-hommes à la BnF.
Nous restons à votre disposition, comme le prévoit la réglementation, pour ouvrir des négociations, et nous vous adressons, Monsieur le Président, l’expression de nos sincères salutations.
L’Intersyndicale CGT-Sud Culture BnF