
La BnF traverse une nouvelle crise budgétaire (moins 3,3 millions d’euros en deux ans) qui se traduit notamment par de nombreuses suppressions de postes. Côté rémunération, le pouvoir d’achat des personnels a également fortement diminué, l’inflation n’étant pas prise en compte dans l’évolution de leurs salaires (voir ici).
Dans ce contexte, que penser de la politique menée au plus haut niveau de la BnF ? D’un côté, un directeur de direction initialement fonctionnaire est recruté en tant que contractuel, ce qui lui permet de bénéficier d’une rémunération plus élevée (la grille de salaire applicable aux contractuels de catégorie A+ étant plus avantageuse). De l’autre, un « directeur de cabinet du président » fait son arrivée à la BnF, alors même que de nombreux secteurs de la bibliothèque connaissent des suppressions de postes.
Dans une période où l’on demande aux agent·es de faire plus avec toujours moins, la CGT BnF appelle l’administration à faire preuve d’exemplarité et de retenue dans ses choix.
Alors que la CGT a dû écrire au Président de la BnF pour l’alerter sur la multiplication inquiétante de cas de souffrance au travail et d’agents en difficulté qui se tournent vers notre syndicat faute de solutions apportées par la DRH, l’administration a annoncé cet été à l’encadrement supérieur qu’elle était en train d’élaborer un « kit de procédures disciplinaires », qui sera ensuite mis en ligne sur Biblionautes. La CGT est consternée par cette annonce et pense au contraire qu’il faut renforcer l’accompagnement des personnels en difficulté et les soutenir au lieu de les sanctionner.
Autre projet, à plus long terme celui-là, la mise en place de « badges biométriques » et une « traçabilité [en] temps réel » des personnels. Ce projet coûteux et totalement disproportionné, ne répond absolument pas aux enjeux en termes de sécurité des collections, la priorité devrait être au renforcement des équipes afin de référencer de façon exhaustive l’ensemble des collections de la BnF et les estampiller. Sécuriser les collections oui, surveiller toujours plus les personnels, c’est non !
Les mesures d’austérité (-49 milliards en 2026 et à nouveau -54 en 2027) correspondent aux manques à gagner générés par les cadeaux faits aux grandes fortunes et aux entreprises ces dernières décennies :
| Taxer de 2% le patrimoine des 1800 foyers possédant plus de 100 millions € | 20 milliards/an |
| Restreindre les avantages accordés aux entreprises (subventions, dispositifs fiscaux, exonérations de cotisation sociale…) qui coûtent à l’État | 211 milliards/an (dont 90 milliards d’exonération de cotisations sociales) |
| Combattre la fraude fiscale et l’évasion fiscale qui coûtent à l’État entre | 80 à 100 milliards/an |
| Combattre la fraude aux cotisations sociales dues par les entreprises qui coûte | 6,9 milliards/an |
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