▌LA BNF VA-T-ELLE TOLÉRER LA MALTRAITANCE DES OUVRIERS DU « LOUVRE » D’ABU DHABI ?

donnerRappelons d’abord que la BnF est partie prenante de ce « musée » situé aux  Émirats arabes unis et lui procure 25 pièces par an issues des collections patrimoniales de la bibliothèque (voir aussi notre précédent article : ici).

► Maltraitance et exploitation
L’ONG Human Rights Watch dans un rapport de 82 pages, publié en 2015, a dénoncé une nouvelle fois la situation des travailleurs étrangers employés sur le chantier du Louvre Abu Dhabi. Le constat est accablant : salaires impayés, confiscation des passeports, logement insalubre, licenciement et expulsion de travailleurs grévistes. Cet été, un nouvel accident est venu endeuiller ce chantier où l’on travaille 14h par jour pour une centaine d’euros par mois.

► France Museum s’inquiète depuis 5 ans de la situation et alors ?
Cette agence créée en 2007 à Paris, conformément à l’accord intergouvernemental signé entre la France et les Emirats Arabes Unis regroupe douze établissements publics culturels, dont la BnF. L’agence doit fournir 300 pièces conservées dans les musées français et la bibliothèque dans le cadre de prêts rémunérés. Hors, si l’agence affirme qu’elle est « très soucieuse du respect des normes sociales sur le chantier du Louvre Abu Dhabi depuis le début du projet » peu de choses ont évolué malgré les alertes lancées, d’année en année, par les ONG

► La BnF doit prendre ses responsabilités
Dans le Trajectoire de cet été, la direction déclarait « La BnF soucieuse de sa responsabilité sociale et environnementale » souhaite faire du « respect des droits humains […] une priorité ». Il faut dire que l’Audit RSE commandité par la bibliothèque avait souligné des manquements dans ce domaine… Interpelée par la CGT au sujet du « Louvre » d’Abu Dhabi, la direction a répondu, rapport à l’appui, que la situation c’était améliorée oubliant soigneusement de citer les passages à charge de ce document publié en 2014 par l’agence PwC. Il faut dire que la BnF touche via France Muséum, 3,8 millions d’euros d’Abu Dhabi. C’est le prix du silence, le prix payer pour ne pas parler des morts, des 14h de travail par jour, de l’exploitation…

► VOIR AUSSI LE COURRIER D’ARTISTES ET D’UNIVERSITAIRES AU SUJET DU « LOUVRE » D’ABU DHABI: ICI