LE MINISTÈRE D’AURÉLIE FILIPPETTI S’EN PREND UNE NOUVELLE FOIS A LA BnF

C’est avec beaucoup d’émotion que ce vendredi 5 avril Madame la directrice générale, Jacqueline Sanson, a annoncé aux représentants des personnels la volonté du ministère de la Culture d’expulser le département de la Musique de son immeuble du 6 rue Louvois (ici).

Ce bâtiment de 4700m2, situé à proximité du quadrilatère Richelieu, le site historique de la Bibliothèque nationale de France, a été construit sur mesure en 1964 afin d’accueillir le département de la Musique. Il rassemble aujourd’hui quelques 2 millions de documents sur plus de 10 000 mètres linéaires de rayonnage et constitue la deuxième destination la plus importante des départements spécialisés.

Cette annonce constitue une véritable catastrophe pour les lecteurs, les agents qui y travaillent, mais c’est surtout une attaque sans précédent du ministère contre les missions de la BnF.

Si Aurélie Filippetti s’était penchée, au début de sa mandature, sur le sort des bibliothèques de son ministère, dénonçant cet été les projets de numérisation du patrimoine public au bénéfice d’opérateurs privés (ici) pour ensuite intervenir dans le conflit qui opposait les personnels de la bibliothèque de Beaubourg (la BPI) au projet de leur directeur (ici), notre ministre semble aujourd’hui avoir fait un virage à 180 degrés.

Non seulement, elle a validé cet hiver le très contesté projet de numérisation des ouvrages de la BnF (ici et ici), mais elle laisse également pourrir les conflits qui opposent à leur direction respective les agents de la BPI et ceux de la bibliothèque de la Cité des sciences (ici).

Ce nouvel épisode, n’en doutons pas, ne fera que renforcer la colère des personnels de la BnF déjà mobilisés contre les suppressions de postes et les coupes budgétaires que subit l’établissement (ici).