LA MINISTRE DE LA CULTURE SE PRONONCE CONTRE LA NUMÉRISATION AU PROFIT DES OPÉRATEURS PRIVÉS

Le 10 juillet 2012, la ministre de la Culture a présenté lors du Comité technique ministériel la politique culturelle qu’elle entendait mener dans un cadre qui s’annonce pourtant plus que contraint.

Faisant le constat que les gouvernements précédents en matière culturelle avaient démantelé au lieu de construire et opposé au lieu de rassembler, la ministre a solennellement déclaré que la culture soit désormais au centre des politiques publiques en redonnant pleinement un sens aux missions du ministère.

Pour la CGT BNF, il est clair que ces déclarations que nous partageons, feront office de vœu pieux au regard du contexte auquel devra faire face non seulement le ministère mais aussi l’ensemble de la fonction publique : réduction des emplois de 2,5% par an et aussi baisse des budgets de fonctionnement et d’investissement de 7 % par an.

Cette nouvelle saignée si elle se confirmait dégraderait encore plus les conditions de travail de l’ensemble des agents entraînant une aggravation des cas de souffrances et de stress.

Interrogée par notre organisation sur la création de filiales dans le cadre du Grand emprunt, la ministre a eu un positionnement très clair qui fera réfléchir certainement notre direction quant à la politique de numérisation de masse menée ces dernières années. En effet, la ministre a affirmé que la création de filiale n’est pas sa politique stratégique, rejetant catégoriquement l’idée que les investissements pour la numérisation engagés par la puissance publique puissent se faire au profit des opérateurs privés pour leur commercialisation.

Ce sont sans aucun doute des propos qui remettront sérieusement en cause les certitudes de notre direction sur la nécessité de créer des filiales pour la commercialisation de la numérisation.

Notre organisation avait, lors du dernier comité technique, interrogé le président sur la politique qu’il entendait mener suite aux récents changements politiques à la tête de l’Etat. A part un sourire mi amusé mi agacé, nous n’avions obtenu que peu de réponses. Il est clair qu’à la suite de cette déclaration, la direction devra s’expliquer de manière plus satisfaisante.

La CGT réaffirme son opposition à toute marchandisation et privatisation de notre patrimoine commun.